Pour d’obscures raisons économiques nous avons fait un petit aller-retour en Uruguay de 3 jours. L’Uruguay c’est 3 millions d’habitants (dont la moitié à Montevideo) pour 15 millions de vaches. Comme le disait Andrei en nous présentant ses deux potes : «Tu as devant toi 10 belles vaches 100% Uruguayenne ! » Et eux de renchérir « Si les vaches faisaient la révolution en Uruguay, elles gagneraient facilement ».

La remarque a du sens pour eux puisqu’ils appartiennent au Parti Socialiste Uruguayen. La discussion s’anime après quelques verres de rouge local pas dégueu du tout. Tous les trois se revendiquent descendant des Guarani et sont engagés dans un militantisme ethnique radical qui surprend un peu le petit mélanchonniste que je suis. Le poing levé l’un deux m’explique qu’un guarani n’a pas de chef, qu’il est son propre chef et qu’ici on est prêt à mourir pour la liberté. Il enchaine sur un couplet pro-Chavez éloquent dont je ne comprends que la moitié et dont le ton n’appelle pas vraiment au débat de toute façon. Ce sympathique partisan me prend pour un gringo capitaliste et je tente alors une approche en parlant du mouvement indépendantiste breton et de sa collaboration passée avec l’ETA. Bingo, grand sourire et tape sur l’épaule, il m’écoute raconter le renouveau culturel made in BZH.

Ses potes sont morts de rire et Andrei sort finalement sa guitare. L’échange culturel continue et il me chante des chansons de chez lui ainsi qu’une superbe reprise de Sodade (C. Evora). Ils sont sciés quand j’entonne une chanson de Sanseverino (Dans les embouteillages) persuadés au départ qu’il s’agit d’une adaptation d’un morceau de folklore colombien.

Il est tard, il fait doux dans les rues de Montevideo pour un mois d’aout.

Le lendemain nous irons à Colonia de Sacramento sur les berges du Rio de la Plata pour flaner un peu le long du fleuve avant de revenir à Buenos Aires.

Nous n’avons vu les vaches que depuis les fenêtres du bus mais les habitants de ce petit pays coincés entre le Brésil et L’Argentine ont été très accueillants.