Après presque 10 ans passé à Paris, je n’avais pas tellement envie de me retrouver de nouveau dans une grande ville et surtout pas dans une capitale grouillante de 15 millions d’habitants comme Buenos Aires (Oui c’est une ville qui vaut le détour mais ce n’est pas ce dont j’avais envie).

Du coup quand le bus nous dépose sur le bord de la RN14 à l’entrée du Parque Nacional El Palmar, ça fait comme une grosse bouffée d’oxigène. A gauche comme à droite des palmiers à perte de vue et au milieu une piste de 15Km pour rejoindre le seul endroit où il est autorisé de planter sa tente. 1h de marche et 20min de stop plus tard (à l’arrière d’un gros 4×4 pickup américain des années 80, comme dans les films) on y est. La zona de acampada surplombe le Rio Uruguay et un vent du sud glacial nous fait sortir les doudounes malgré le soleil d’hiver qui fait tout ce qu’il peut. On est presque seul avec un bus de babos argentins qui semble vivre ici à l’année.

Quand je dis seul c’est sans compter la faune locale omniprésente qui change vraiment de ce qu’on voit par chez nous. Mis à part de grands renards gris, les fourrés sont pleins de Caipibaras – c’est le plus gros rongeur du monde qui peut peser jusqu’à 65kg. On aperçoit aussi des nandus (une sorte d’autruche) qui broutent un peu d’herbe sêche (trop loin pour en faire des photos correctes avec mon 24-105). Dès la nuit tombée les viscaches pointent leur moustache (c’est une espèce de gros chinchillas d’un mètre de long avec la queue qui creuse des terriers de 2m de profondeur et qui rapporte tout ce qu’il trouve à l’entrée de celui-ci). Elles ne sont pas farouches du tout et on pourrait presque les caresser. Plus tard dans la nuit ce sont les tatous (oui oui des tatous comme dans Okapi quand on était petit) qui cavalent autour de la tente (je n’ai pas réussi à en prendre en photo…). Il va geler un peu dans la nuit mais on bivouac bien à l’abri du vent.  En levant les yeux je ne reconnais rien du ciel étoilé qui s’offrent à nous…. Il faudra que j’apprenne à reconnaitre la Croix du sud.

Au petit-déj le lendemain, des urracas rivalisent d’audace pour venir chercher un trognon de pomme qu’on leur laisse. D’abord un puis deux et trois min plus tard ils sont huit. Dans la foulée une quarantaine d’autres oiseaux des 4 ou 5 espèces différentes prospectent à nos pieds, parfois très proches. Dans le ciel de grands rapaces (des Milans je crois) planent au-dessus des eucalyptus et des orangés chargés de fruits et des myriades de perruches vertes s’agitent dans les palmiers.

L’air est frais mais c’est parfais pour marcher les mains au fond des poches et les yeux grands ouverts.