Depuis Mercedes (Corrientes) nous prenons l’unique bus quotidien qui rejoint la réserve naturelle d’Esteros del Iberà. 120km de piste chaotique dans un bus en décomposition qui fait plus de bruit qu’une fanfare de casseroles. 4h de poussières et de cagnard….Au fur et à mesure que l’on pénètre dans la réserve, des animaux insolites apparaissent sur le bas côté. Ni les mouvements du bus ni la transparence des vitres ne nous permettent de faire de photos.

Quand on débarque à Colonia Carlos Pellegrini, petit village perdu au bord de la lagune, le dépaysement est palpable. Des oiseaux multicolres dans les arbres, et plus de vaches et de chevaux dans les rues de terre rouge que d’habitants. des chiens aussi, partout.

Le camping est vraisemblablement un coin de paradis au bord de l’eau. Il fait beau. il fait chaud. Sans transitions le printemps vient de virer l’hiver et nous, nous allons rester quelques jours.

Avec un couple d’uruguayen nous louons des canoë pour approcher au plus près la faune qui occupe ces immenses marécages. Quelles richesses!! D’imperturbables caïmans noirs (yakaré), des caïpibaras, des loutres, des cerfs des marais, des dizaines d’espèces d’oiseau de toutes les tailles, la nature et les grands espaces sur un plateau!! Nous sommes scotchés.

En parcourant à pas de loup les quelques sentiers aménagés dans la jungle, nous rencontrons des tatous, des singes hurleurs et un discret chat sauvage (genre petit oslo). La végétation subtropicale fait de la forêt une véritable aire de jeux pour Tarzan. Au camping des quantités d’oiseaux rivalisent d’audace pour quelques miettes de notre petit dèj dont le célèbres « punk à crête rouge ».

Les uruguayens, Javier et Mariana nous emmènent vers Posadas, au nord, (200km de pistes de sables presques impraticables) avec leur vieux trafic aménagé après 6 jours presque hors du monde.